Journée des droits des femmes : la culture nancéienne s'engage

Marion CHARRON
par Marion CHARRON
le jeudi 06 mars 2025

Le 8 mars prochain aura lieu la Journée internationale des droits des femmes. Celle-ci est un moment clé pour rappeler que l’égalité entre les sexes reste un combat d’actualité, mettant en lumière les inégalités persistantes dans de nombreux domaines – économiques, sociaux, politiques et culturels, mais aussi pour faire entendre la voix des femmes et de sensibiliser à des enjeux cruciaux, comme les violences sexistes et sexuelles. Au-delà du symbole, le 8 mars appelle à des actions concrètes pour faire avancer les droits des femmes partout dans le monde, mais aussi à Nancy !

Cette journée revêt une importance particulière, car des progrès restent à accomplir en ce qui concerne la place des femmes au sein de la société. En effet, les femmes restent minoritaires par rapport aux hommes dans de nombreux domaines, comme dans le monde du travail. En 2024, 57 % des entreprises comptent moins de 30 % de femmes parmi leurs cadres dirigeants et 38 % ont moins de 30 % de femmes dans leurs instances dirigeantes. De même pour certaines professions scientifiques et techniques, les femmes restent sous-représentées voire découragées d’y accéder. Sur un panel d’environ 6000 femmes interrogées en France, 44 % d’entre elles ont entendu dire qu’elles étaient moins compétentes que les hommes en mathématique et 21 % ont été explicitement découragées de poursuivre dans cette voie (selon le Ministère du Travail).

De plus, les violences sexuelles et sexistes envers les femmes ont connu une recrudescence en 2024. Il y a eu une hausse de 7 % des signalements de violences sexuelles auprès des autorités, ce qui représente 122 600 crimes et délits enregistrés. L'affaire de violence sexuelle la plus médiatisée en France récemment est celle de Gisèle Pélicot, devenue une icône féministe pour son combat contre son mari qui l'a droguée et a abusé d’elle pendant des années.

Face à ces faits, la Journée internationale des droits des femmes reste une journée importante pour éduquer et éveiller les consciences sur les inégalités et les violences dont sont encore victimes les femmes aujourd’hui. Ces violences peuvent être physiques mais aussi indirectes, institutionnelles ou économiques. Ainsi, bien que le droit à l’IVG soit inscrit dans la constitution française depuis le 8 mars 2024, son accès reste compliqué pour certaines femmes, notamment à cause de l’article L2212-8 du Code de la santé publique qui consacre une « clause de conscience » pour les médecins, leur permettant de refuser l’opération. Mais encore, il existe une taxe rose, différence de prix entre les produits d’hygiène masculins et féminins, avec une variation de 2 à 3 euros entre ces produits. À ce jour, il n’existe aucune loi qui permet de compenser cette taxe rose en France. En somme, ces violences indirectes sont souvent occultées dans le débat public ; cette journée est donc l’occasion d’en discuter.

C’est ce qu’entend faire la ville de Nancy en organisant le week-end du 7 mars (du 7 au 9 mars) diverses activités culturelles en lien avec les droits des femmes. Trois ateliers seront proposés, dans trois lieux différents à Nancy : à la médiathèque Haut-du-Lièvre, à la médiathèque Manufacture et à la ludothèque Saint-Nicolas.

La première activité proposée s’intéressera au travail des femmes dans divers milieux professionnels. Cet atelier s’intitule : Elles BOSSent sur le plateau et sera organisé les 7 et 8 mars de 14 heures à 18 heures à la médiathèque du Haut-du-Lièvre, en partenariat avec l’ADIE (Association pour le droit à l’initiative économique), le CCAS (Centre communal d’action sociale), l’association Elles bougent, le CIDFF (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles), la mission locale et RCN (Radio Caraïb Nancy). Cet atelier prendra la forme de rencontres, de discussions et d’échanges d’informations avec divers intervenants concernant le travail des femmes.

La deuxième activité Je suis féministe ! Cet atelier sera organisé le dimanche 9 mars à 15 heures à la médiathèque de la Manufacture. Dans cet atelier, une chorale militante et engagée partagera des messages et de l’émotion à travers le chant.

Enfin, la troisième rencontre aura lieu le samedi 8 mars de 14 heures à 18 heures à la ludothèque Saint-Nicolas. Cet atelier aura pour nom : Moi, c’est madame ! et prendra la forme d’un jeu de cartes sur les discours sexistes. Il permettra également aux participants de créer leurs propres punchlines et de s’inspirer des ripostes du jeu pour avoir du répondant face au sexisme.

 

Ces initiatives témoignent de la volonté locale de s’engager activement pour débattre, discuter de ces problèmes et d’y proposer des solutions, pour faire progresser l’égalité entre les sexes. Il s’agit aussi d’offrir des espaces de dialogue et d’expression autour des droits des femmes. Au-delà de ce week-end de mobilisations, il est essentiel de maintenir une vigilance de tous les jours sur ces inégalités et ces violences souvent trop ignorées par les plus privilégiés.

 

Médiathèque Haut-du-Lièvre – 325 Av. Raymond Pinchard, Arrêt Nancy Tilleul Argenté

Médiathèque Manufacture – 10 Rue Baron Louis, Arrêt Baron Louis

Ludothèque Saint-Nicolas – 8 Rue Baron Louis, Arrêt Baron Louis